Grand Raid 2016, le récit d’Yvan

Ca y est je suis un Fou ! Quel Bonheur !

C’est un rêve de coureur qui s’est concrétisé pour moi samedi en début d’après-midi en passant la ligne d’arrivée de la Diagonale des Fous…

Maintenant que je suis rentré en métropole, je commence tout doucement à redescendre un peu de la planète Diag.

C’est bien une course à part, physique, technique, parfois engagée mais ce qui la rend unique à mon sens c’est l’atmosphère qu’elle dégage.

A la Réunion, au mois d’octobre, le Grand Raid (nom officiel de la course) est partout : de l’accueil à l’aéroport de Saint Denis sous un chapiteau avec pot de bienvenue (j’ai dû décliner un punch maison pour un jus d‘orange), danses créoles, interview pour Réunion 1ère…à la ferveur des locaux pour leur course, tout est réuni pour faire monter la pression jusqu’au départ…

Pour me rassurer, je pense régulièrement à ce que j’ai mis en place depuis des mois pour réussir cette course. Vos messages d’encouragement me boostent !

20 octobre il est presque 22h00… Arrivé dans le sas de départ plus d’une heure en avance, c’est presque un miracle de passer la ligne de départ sans s’être fait piétiner…2 500 coureurs qui se tassent en essayant de se placer à l’avant pour ceux qui savent que ça va boucher au bout de 15km à l’entrée de la forêt…c’est tendu, il doit faire environ 25°C, les pulsations montent rapidement sans même avoir encore couru ! Je suis comme un dingue, il faut que la course commence !

Tout au long de la course, la ferveur des créoles est omniprésente. Le monde sur le parcours, la musique dans des coins reculés, la foule présente au sommet du Maïdo en pleine nuit, les bivouacs de supporters installés dans des endroits inaccessibles, du rougail saucisse aux ravitaillements, une tisane offerte aux coureurs par une famille postée dans le col du Taïbit, une femme qui propose du café sur un trottoir… je n’ai jamais vu une fierté et un engouement pareils d’une population pour sa course ! Ce n’est vraiment pas une course comme les autres, c’est la Diag !

 

Ilet à Bourse (km 97) n’est pas loin. Il fait nuit. Je suis dans ma course. Depuis Marla, je commence à être un peu dans le dur, la fatigue commence à se faire sentir…

J’essaie de contrôler ce qui se passe dans ma tête avec des images et un dialogue interne positifs.

Voyant des dizaines de personnes dormir sur le bord du chemin ou dans les ravitaillements depuis plusieurs kms déjà, je commence moi aussi à y penser…

Je pousse jusqu’à Roche Plate (km 108) en pleine ascension vers le Maïdo.

Réveillé par une bénévole attentionnée après 40 minutes de sommeil (une 1ère pour moi dans une course), je repars « reposé » même si je suis transit de froid pendant un bon ¼ d’heure. La suite de l’ascension va rapidement me réchauffer 🙂

Grande Chaloupe (km 153). Il est midi et il fait plus de 25°C ! J’ai envie de refroidir…

Depuis le matin je fais très attention à mon hydratation : toutes les 10 min je dois boire. La fin de la course s’annonce très chaude avec très peu d’ombre…

Il ne reste que 15km et ça me parait énorme…

La montée (la dernière) au Colorado me parait interminable, je me laisse décrocher par le petit groupe avec qui je suis depuis quelque temps pour rester dans ma bulle et contrôler mon rythme.

J’arrive péniblement au dernier ravitaillement de la course, je bois encore et encore, une bénévole m’aide à m’arroser (elle est originaire de Mont de Marsan 🙂 ).

 

 Il reste un peu plus de 5km. Je pense à ma famille, à mon grand-père, la Chaine de l’Espoir, la ligne d’arrivée toute proche…tout arrive d’un coup, je bloque toute montée d’émotions comme à plusieurs reprises pendant ma course…la descente vers l’arrivée est annoncée comme étant technique…

Dans la descente je vois un panneau « stade de la Redoute 3,7km ». Je n’ai plus mal nulle part, je veux faire la descente…je relance, j’ai des douleurs dans les orteils et un genou (depuis un bon moment déjà suite à un petit choc) mais les jambes répondent bien ! C’est un pur bonheur ! C’est technique mais je progresse à un bon rythme, dépassant quelques coureurs qui ont du mal à en terminer.

Je reste concentré jusqu’à la sortie de ce sentier chaotique, avalant au passage 2 anciens cyclistes pro (J). Pour faire plaisir à mon beauf sans le savoir… J

Le stade est en vue. L’Arrivée est en vue ! Un faux plat descendant m’y conduit à bonne allure (toute relative après 165 bornes de course). Mes amis m’y attendent, je les vois, ils me félicitent, courent avec moi, je suis euphorique !!! 

 

Merci à tous pour vos encouragements, vos attentions, votre soutien tout au long de cette aventure.

Vous étiez dans mes pas pour m’accompagner dans les moments difficiles.

Chaleureusement Merci !

 Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin

             Merci Michel…

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