2×40 Pelo & Cédric – récit de course

Tout démarre lors d’un footing entre midi et 2 avec les membres du Team Rhuners il y a quelques mois. La course de l’Euskal Trail 2016 s’invite dans la discussion, et aprés quelques joutes verbales (plutôt viriles), nous décidons de nous inscrire sur le 2 X 40 km en binôme. D’autres membres s’engageront sur d’autres distances. Pour la constitution des équipes, les plus expérimentés du Team proposent de faire des équipes par âge, les anciens et les moins anciens pour faire simple.

Stephane et Marco – Euskal Trail 2 x 40km

Thomas et Cédric L – Euskal Trail 2 x 40km

Cédric P et son frère – Euskal Trail 2 x 40km

Marie et Yvan – Euskal Trail 2 x 40km

Michel et Harkaitz – Iluna Trail (27km de nuit)

Edurne et Carmen – Neska Trail (8km)

Marion -Neska Trail (8km)

Pour Cédric et moi même c’est une première. Cédric avait déjà fait le 2X25 avec quelques entorses en milieux de course, et pour ma part, je n’avais qu’un seul trail dans ma jeune carrière, la Black Race (36km) en mars du coté de Castres. Autant dire que la lutte contre l’équipe de Steph et Marco s’annonçait d’ores et déjà difficile.

Comme le disent si bien les anciens, nous sommes avec Cédric, des coureurs de bitume et de plat, non « de montagne avec du déniv »! Nous avons donc tant bien que mal « essayé » de se préparer pour tenter de rattraper le temps perdu, mais nous savions bien que c’était perdu d’avance. ce qui ne nous a pas découragé ni empêché de répondre aux commentaires désobligeants de ces vieux schnocks.

La seule chose dont nous étions sûrs, c’est de la météo! Richard n’étant pas là ce week end, nous partions donc pour une course sans une goute, voire ensoleillée!

La veille de la course (le jeudi après-midi), nous arrivons avec Cédric au camping Narbaitz d’Ascarat (super accueil au passage, on recommande) où tous les membres du team avaient réservé des bungalows. Nous avions opté pour la solution tente, plus en accord

IMG_62366 avec l’esprit trail selon nous! Nous arrivons les 1er sur les emplacements et le soleil et la chaleur sont déjà au rendez vous. Quelques heures plus tard, tout le monde étant arrivé, nous allions chercher nos dossards à Baïgorri.

De retour au camping, on installe la tente puis chacun prépare son sac à dos pour le lendemain matin en prenant soin de ne rien oublier. Après le repas du soir, extinction des lumières vers 23h, la nuit sera courte.

Jour 1

4h45 – le réveil sonne, du moins j’entends Marie prendre la douche dans le bungalow d’a coté. La nuit n’a pas été bonne pour moi, avec 1h de sommeil au compteur, mais c’est fini, place a l’action. C’est en tenue que nous prenons le petit déjeuner dans le bungalow, le stress de la course se fait déjà sentir. 5h15 – nous prenons la voiture en direction d’Urepel, où le départ sera donné à 6h30 avec le levé du soleil. Nous sommes concentrés, le calme s’installe dans la voiture et je vérifie peut-être 4 fois mon sac a dos de peur d’avoir oublié quelque chose. La voiture garée, chacun se trouve un endroit à l’abri des regards indiscrets pour uriner… Nous passons le contrôle des sac à dos et du matériel obligatoire, une formalité !

6h25 – nous retrouvons Cédric P qui a du changer de partenaire, son frère étant en période d’examen à ce moment la. (pauvre partenaire! on pense fort à lui)

6h30 – le départ est donné. Nous sommes dans le groupe de tête, l’allure est maitrisée, et c’est une bonne chose pour les novices que nous sommes. Je suggère à Cédric de laisser partir Steph et Marco devant, mon petit déjeuner (ainsi que la barre Cliff périmée) trop copieux me faisant défaut, il prend sur lui pour m’attendre, mais c’est le jeu dans une équipe. Après une dizaine de kilomètres, on arrive à raccrocher sur l’équipe des anciens avec qui on échange cordialement quelques banalités, sentant que les blagues n’étant pas les bienvenues.

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Au 25ième, gros coup de mou pour moi avec un début de fringale. Je serre les dents, essai de m’alimenter mais rien n’y fait, cela ne passe pas, la chaleur n’aidant pas. C’est là que l’esprit d’équipe prend tout son sens. Cédric étant toujours aussi à l’aise en montée me donne un comprimé de Sportenine qui fait effet quasi instantanément (placebo ou pas), je retrouve petit à petit du poil de la bête après le 30 ième. Nous attaquons alors la dernière partie du parcours, principalement de la descente. Je laisse Cédric qui était a l’aise dans la descente, jusqu’à ce que sa cheville en décide autrement. Première petite entorse a 7km de l’arrivée, un gros cris de douleur! mais pas le temps de s’arrêter, et surtout pas besoin selon les mots de Cédric. il décide lui meme de courir sur son entorse, qui s’estompe au fur et à mesures des enjambées. Une fois le bitume retrouvé, je commence à avoir des douleurs un peu partout et je sens que Cédric lui est en pleine forme. je préfère rester à mon rythme (quitte à ralentir l’équipe), ne sachant pas trop comment nos corps allaient réagir le lendemain pour le 2nd jour

11h18 – nous finissons la 1ère journée avec un chrono de 4h48, soit 6 minutes derrière Steph et Marco qui nous applaudissent sportivement sur la ligne d’arrivée. Nous finissons 12 ième au classement provisoire de la 1ère journée, IMG_6256une petite victoire pour nous compte tenu de notre faible expérience en trail. Quelques temps après, c’est au tour de Marie et Yvan de franchir la ligne d’arrivée. Nous quittons Baïgorri pour rejoindre le camping après que Marie se soit fait soigner ses 4 ENORMES ampoules (merci Marco pour les chaussettes neuves!).

Comme conseillé par certains à l’arrivée, on va profiter du ruisseau qui traverse le camping pour s’y tremper les jambes une quinzaine de minutes, en évitant les sangsues!

Nous passons ensuite à table, puis temps calme pour certains et babysitting pour d’autres !

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Nous retournons à l’arrivée sur les coups de 18h pour voir l’arrivée d’Edurne et de Carmen, qui finissent 1er de la Neska trail, premier podium pour le TEAM RHUNERS! Une fois le podium terminé, nous allons au fronton de Baïgorri pour le repas du soir, repas organisé par l’organisation. Un grand buffet de charcuterie, pâté, salades de riz, fromage, vin rouge… Nous nous faisions une joie de partager un frugal repas avec les membres du team, mais à notre arrivée, c’est la déception. Steph, Marco, Yvan, Marie… avaient déjà tous commencé à manger pour ne pas dire « avaient déjà fini », (et c’est cela qu’ils appellent l’esprit d’équipe!)

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21h – de retour au camping, c’est rebelote. Chacun prépare son sac à dos pour le lendemain matin, même heure même endroit.

22h – Cédric ronfle déjà, et je ne tarde pas à faire de même

Jour 2

6h30 – Après une nuit d’un sommeil profond (et un réveil plus que difficile), nous voila sur la ligne de départ de la 2nd journée. La température sur la ligne de départ est plus fraiche que la veille, et le temps est aussi plus nuageux. Les premiers mètres donnent le ton de la course, cela ne vas pas être simple. Comme la veille, nous essayons de rester aux avant postes, pour ne pas se faire distancer dès le début. Cédric et Stephane sont déconcertants de facilité, Marco et moi ne pouvons en dire autant.
Nos deux coéquipiers respectifs iront même jusqu’a prendre la tête de course. Le temps s’assombri peu a peu, le brouillard et le vent font alors leurs apparitions. Cédric et Stéphane nous lâchent dans l’Adi, je reste avec Marco. Pas un mot, pas un regard échangé, chacun essaie de se concentrer pour ne pas finir dans les clotûres de barbellé tellement le vent est puissant. Les jambes sont alors très lourdes, le moral est déjà à un niveau critique, et ce n’est que la 1ère heure de course. Je me refais la cerise dans la descente, et à ce moment là que Cédric se tord légèrement la cheville. Je me dis que le reste de la course risque d’être compliqué, mais c’est sans compter sans le moral d’acier de mon coéquipier. Je laisse volontairement Cédric un peu derrière pour arriver au ravito et lui remplir ses gourdes, et m’alimenter. Cédric me rejoint, mange un bout, et nous repartons avec la volonté de limiter la casse, on essai de se concentrer et de ne pas trop se griller. L’équipe de Steph et Marco est déjà à près de 2 min devant nous, et on se fait une raison, nous n’arriverons pas les rattraper, et encore moins à les battre. Les kilométres défilent et nous reprenons des forces, nous rattrapons un groupe dont l’équipe de Claire D et Jérome Loups. Je me sens de mieux en mieux, Cédric aussi alors on décide d’accélérer un peu, on finit par lâcher ce groupe d’une petite dizaine de coureurs qui ne reviendra plus dessus. Une fois le bitume retrouvé (notre terrain fétiche avec Cédric, je lance le sprint et motive mon partenaire constamment pour tout donner. Un merci aux nombreuses côtes d’Erromardie entre midi et 2 qui nous ont permis d’avaler le pont romain en entrant dans Baïgorri, là où d’autres concurrents ont peiné ! Derrière ligne droite, on peut enfin s’exprimer mais le verdict est sans appel, on passe l’arrivée avec 10 min de retard sur nos chers compatriotes, avec un temps (non ridicule) de 5h10’’49, et une 16ième place sur la 2nd journée

IMG_628311H45 – l’édition 2016 de l’EUSKAL TRAIL est finie pour nous, avec son lot d’anecdotes de moments forts (et faibles). Sportivement, on félicite les anciens qui ont eu raison de notre fougue mais aussi de notre manque d’expérience en trail. Je citerais simplement notre Stéphane, qui lors d’un footing nous disait ceci : “le trail, c’est mon domaine”, et il n’avait pas totalement tort le bougre. Nous finissons à la 13 ième place du général, avec un chrono de 9h50’07

Le physique a tenu, le matériel a tenu, le moral a tenu, que demander de plus. Je tenais à remercier tous les membres tu team, et Steph, Marco, Yvan, Marie et surtout Cédric pour cette belle aventure, une première pour moi qui m’a donnée encore plus envie de venir titiller les anciens dans leurs domaine.

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