X-Alpine de Verbier 2017 – récit d’Yvan

VERBIER – CHAMPEX

On y est ! X-Alpine de Verbier – le gros objectif de ma saison ! – un ultra typé montagne avec ses 8500m de D+ pour 111kms qui me trotte dans la tête depuis 2-3 ans. Heureux d’être là, à côté de Marco, Thomas et Stéphane.

 

 

Il va faire chaud (plus de 30°C annoncés dans la journée), attention donc à ne pas s’enflammer…

Le départ est donné à 4h00 ! Ça part très vite dans les rue de Verbier.  Je suis avec mes copains avec qui je m’autorise à faire les premiers kms, c’est-à-dire une petite montée de 300m+ et une belle descente en forêt jusqu’à Sembrancher, premier ravitaillement après 15kms de course.

Je les laisse filer ensuite vers Catogne pour prendre mon rythme. Cette première grosse montée dans un décor minéral me donne le temps de profiter du paysage et de faire quelques photos.

 

 

Le sommet de Catogne (2598m) donne le départ d’une grande descente (1260m de D-) plus ou moins technique jusqu’à Champex. La vigilance est de rigueur mais je me sens bien, même s’il commence à faire chaud !

Le lac de Champex, couleur émeraude, se dévoile au travers des arbres. Magnifique !

 

 

CHAMPEX – LA FOULY

A la sortie de Champex, j’attaque la seconde grosse montée du parcours, direction la cabane d’Orny, par un sentier bucolique longeant un torrent. Je croise pas mal de randonneurs et quelques familles venues profiter du site pour le week end. Il fait de plus en plus chaud… Je m’arrêterais bien au bord du torrent pour mettre les pieds dans l’eau mais je m’efforce de ne pas trop penser à ça.

Le parcours progresse ensuite sur une piste 4×4. Des randonneurs l’empruntent également.  Je les rattrape, les double puis, au bout d’une centaine de mètres, je m’interroge…la piste 4×4 s’enfonce tout droit dans une montée à faible pourcentage mais je ne vois pas de rubalise. Je m’arrête : au loin je distingue 3 personnes mais rien ne me dit que ce sont des coureurs. Je me retourne : personne !

Je monte encore sur 50m : toujours pas de rubalise et personne qui me rattrape ! Je scrute autour de moi et je décide finalement de rebrousser chemin jusqu’à la précédente rubalise. Et là, je m’aperçois que j’ai loupé une bifurcation à gauche immanquable ! Je m’en veux de ne pas avoir été plus attentif. Je reprends la montée par un petit sentier qui grimpe dans la forêt.

Je profite de l’ombre de la forêt. Une bonne idée car la montée va se poursuivre en plein soleil jusqu’à la cabane d’Orny (2826m), le point culminant de la course.

Je la vois au loin qui se dessine tout doucement, trop doucement. La montée est raide : je progresse lentement pour ne pas me mettre dans le rouge. Je croise des coureurs à contre sens qui ont déjà pointé au CP d’Orny. Je les envie d’en avoir déjà fini avec cette montée. Ca y est, j’y suis. Je m’arrête bien 15min à Orny et profite ainsi de la vue depuis ce promontoire. Je bois beaucoup et refais le plein de ma poche à eau.

J’attaque la descente qui entame la longue portion pour rejoindre le ravitaillement de la Fouly. Je choisis de m’arrêter régulièrement aux passages de rivière pour me rafraichir. Ça me fait un bien fou psychologiquement et physiquement. Je continue de faire quelques photos, c’est toujours magnifique !

En arrivant sur la Fouly je replonge quelques années en arrière quand j’avais emprunté ce parcours dans l’autre sens lors de l’UTMB. Bons souvenirs ! Ça me fait du bien d’être en terrain connu pendant quelques kms et de repenser à mon 1er 100 miles.

Je suis fatigué ; il fait une chaleur écrasante et c’est encore pire sous la tente où se fait le ravitaillement. Des coureurs sont pris en charge par leur assistance personnelle, d’autres rendent leur dossard…je me ravitaille tranquillement en essayant de trouver quelque chose à manger qui me convienne… tout à coup, une personne de l’organisation annonce le bus qui va rapatrier les coureurs ayant abandonné. Même pas tenté ! C’est plutôt bon signe !:)

 

LA FOULY – BOURG ST PIERRE

Je quitte sans regret ce ravitaillement direction la base vie de Bourg St Pierre.

Les premiers kms au-dessus de la Fouly sont monotones mais l’itinéraire progresse ensuite par les lacs puis le col de Fenêtre (2695m). Je reconnais alors un bout du parcours de la TDS avec cette fine passerelle faite de grosses pierres qui permet de traverser le premier lac. Le sentier s’élève et la vue sur le lac est encore plus belle…je me verrais bien bivouaquer dans ce lieu magique. Un nouveau lac à gauche et un à droite et j’aperçois le col de fenêtre…si près et si loin à la fois vu ma vitesse de progression !

 

Un gros névé à traverser et c’est enfin le col. Content d’avoir atteint ce nouveau but intermédiaire qui me rapproche de la base vie à laquelle je pense régulièrement. Je suis fatigué mais je me dis que je ferai véritablement le point à Bourg St Pierre.

J’atteins le ravitaillement du col du Grand St Bernard (2469m). Je choisis de ne pas m’arrêter longtemps ; de toute façon, il n’y a rien pour s’asseoir mis à part un lit de camp déjà occupé par 3 coureurs. Petit ravitaillement puis nouvelle montée vers le Col des Chevaux (2741m) avant la longue descente sur Bourg St Pierre.

Depuis déjà plusieurs kms je m’autorise des micro-pauses d’une à deux minutes entre les ravitaillements, quand j’en ressens le besoin.

Au Col des Chevaux la lumière est magnifique. J’en profite pour faire une photo et discuter avec un randonneur suisse qui fait partie des bénévoles sur la Petite Trotte à Léon. Je lui donne mon ressenti sur la course et je me lance dans une longue, très longue descente…jusqu’à distinguer les lumières de Bourg St Pierre. J’y arrive à la tombée de la nuit et récupère le sac déposé au départ de la course.

Je m’y arrête 40 minutes le temps de faire le plein d’énergie avec un plat de pâtes chaud, de me changer intégralement et d’échanger quelques sms avec Séverine et ma soeur. Je vois 2-3 coureurs dormir par terre le long des tables. J’écarte vite l’idée de les imiter et me reconcentre sur ce que j’ai à faire.

 

BOURG ST PIERRE – VERBIER

C’est reparti, frontale sur la tête, pour une nouvelle ascension, direction la cabane de Mille située à 2480m d’altitude. Dans la montée je distingue, au loin sur la gauche, des lumières. Beaucoup trop loin pour être la cabane et puis le sentier ne monte pas dans cette direction…

La montée est longue… Je ne dois plus être très loin mais je ne distingue toujours rien sauf ces mêmes lumières au loin sur la gauche. Peut-être le prochain ravitaillement ? J’ai alors une baisse de moral…Je continue de monter et le sentier vire à gauche pour arriver sur un replat. Je comprends alors que les lumières du début sont bien celles de la cabane de Mille et qu’il y a encore un bout de chemin à parcourir pour y arriver ! Dommage de ne pas voir la vue depuis ce sentier en balcon. Cabane de Mille enfin ! Je me ravitaille avec de la soupe chaude, prends quelques minutes de repos avant d’entamer la grande descente vers Lourtier, soit un peu plus de 11kms avec 1460m de D-.

A Lourtier,  le moral remonte car il ne reste que 12kms de course…Mais je vais vite déchanter, la faute à une dernière montée très exigeante en forme de KV avant la dernière descente sur Verbier. Cette montée est un calvaire ! Je n’avance pas, on n’avance pas car je suis dans un petit groupe de 5. On se parle un peu.  Je passe devant mais je ne suis pas au bon rythme. Je dois m’arrêter pour souffler, j’hyper ventile tout de suite. Je laisse partir le petit groupe, tant pis…A la sortie de la forêt, la bosse se poursuit, droit dans le pentu ! Allez, encore un effort ! J’aperçois enfin le ravitaillement de La Chaux (2266m), le dernier de la course. L’endroit ne donne pas envie de s’attarder : pas grand monde et un ravitaillement très sommaire ! Je m’assois sur une chaise 5 minutes et repars rapidement avec un autre concurrent.

Au bout de 500 mètres je m’arrête pour sortir ma veste imperméable de mon sac et me protéger de la pluie. Je l’enlèverai moins de 10 minutes plus tard…Je laisse mon compagnon de fin de course pour faire ma descente. Les cuisses ne répondent pas trop mal et, l’arrivée approchant, le moral revient ! Je profite de ces derniers kms sur un dernier single en forêt puis une piste 4×4 qui nous ramène vers la station.

Ca y est, l’arrivée est toute proche. Il est 7h00, je rentre dans Verbier encore endormie. Les quelques lève-tôt que je croise m’encouragent pour les derniers cent mètres qu’il me reste… Et la voici enfin, l’arche d’arrivée que je franchis  au bout de 27 heures et 5 minutes de course.

Marc et Stéphane, arrivés plus tôt, viennent successivement à ma rencontre. Je suis content de les voir surtout qu’il n’y a personne à l’arrivée J. Manque Thomas qui dort encore dans la  voiture. Il nous rejoindra ensuite pour faire une photo à 4.

 

4 membres du Team au départ et 4 à l’arrivée ! Génial !

 

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